vendredi, 21 juillet 2006
Une petite part d'éternité dans les caresses toutes les caresses
Thomas s'allonge derrière les roseaux sauvages, torse nu, peau dorée, beau, yeux verts, cheveux couleurs des épis coupés depuis quelques jours, il sent sous son ventre la terre sèche, il entend la mer qui bat contre les rochers, puis son sang qui va , par vagues de son sexe à son coeur.
Il n'a pas honte, il se défait de son désir, il n'a pas peur, il est seul sous les falaises, sa peau brille, son corps devient le corps d'un autre
Elle, c'est l'autre, celle qu'il regarde en biais , il ne sait rien d'elle mais il sait tout à la fois, ses jambes, ses épaules, son corps qui semble s'enrouler et se tendre, ses mains qui jouent avec les cheveux lisses comme de la soie.
Il la suit souvent, quand il la regarde, c'est un corps miroirs qu'il regarde, il pourrait prendre sa main, caresser son visage mais il se contente d'attendre avec l'odeur des fleurs, l'odeur du ciel, l'été obsédant.
Thomas a envie de pleurer, il se souvient des étés précédents, il était heureux, il croyait au paradis, Thomas a perdu l'enfance, il ne sait plus jouer, il ne sait plus rire, il attend, il espère, il rêve, il est comme à l'intérieur de son corps.
C'est dangereux d'être un homme, désormais il sait , rien ne résiste au temps, seule la mer restera.
Ce qu'il lui reste d'éternité? c'est le désir, de son corps, debout en vie sous la pluie d'été.
Fabie à fleur de mot
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